San Cristóbal de las Casas

Du 31 janvier au 3 février 2020

Après avoir quitté le Yucatan, nous avons passé quelques jours dans cette ville de la région du Chiapas et nous avons été charmé, comme pas mal de petites villes ayant beaucoup de charme ici.
On a pas mal marché dans la ville pour découvrir ses recoins, mais nous avons aussi eu le temps de faire deux visites aux alentours : les cascades de El chiflon et les villages de Chamula et Zinacantan.

Dans la ville

Au cours d’un free walking tour, le premier jour, on a pu en apprendre pas mal sur la ville. C’est une ancienne ville colonisée par les Espagnols voulant imposer de force leur religion. Ils ont provoqué la fuite des mayas vers l’extérieur de la ville mais également une vague de suicides parmi eux. Ces derniers préféraient faire un suicide collectif que se « donner » aux Espagnols.

Au détour d’une rue, on est entrés dans un bar « La Espirituosa » pour faire une dégustation de Pox (se prononce Poche… oui, oui comme un alcoolo). C’est un alcool local de 45° à base de maïs et de blé fermentés grâce au sucre de canne (la panela). Cette liqueur est utilisée à des fins cérémonielles chez les Mayas, encore aujourd’hui.

Du fait de sa situation géographique, proche d’une faille, des séismes apparaissent de façon hebdomadaires de faibles magnitudes (4 à 6 sur l’échelle de Richter) sauf en 2017, où un séisme de 8,2 a détruit certains toits d’églises et fissuré quelques façades.

Dans cette région, il existe un groupe un peu particulier. Les zapatistas sont un groupe de révolutionnaires du Chiapas appelée aussi l’armée zapatiste de libération nationale. Le Chiapas est l’un des états dont les habitants sont parmi les plus pauvres où les zapatistes affirment représenter les droits des populations indigènes (environ 40% de la population de cette région).

Ce qui nous a pas mal dérangé c’est de voir autant de pauvreté. La ville est pauvre, extrêmement pauvre, toute la région en fait. La population est délaissé par le gouvernement, le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est d’environ 70%. Le choc a été de voir des enfants seuls faire la manche ou tenir des stands ambulants de vente d’accessoires, de jeu de loterie ou de nourriture. Ce qui dénote complètement par rapport au reste du Mexique.

Les musées

Le musée du textile
Situé dans un ancien couvent, il permet de connaître un peu mieux les techniques liées aux textiles fait artisanalement dans cette région. Cependant, sur une grande majorité des stands des marchés, les vêtements que l’on peut trouver sont fournis par des entreprises textiles asiatiques…
Le Chiapas est l’endroit où acheter des souvenirs bon marché du Mexique. Ici les vendeurs sont partout, sur les marchés mais aussi dans la rue. Mais tous ne vendent pas de l’artisanat… On nous a mis plusieurs fois en garde vis à vis de cela, comme au musée du textile par exemple. Aujourd’hui, il est plus facile d’acheter des imitations chinoises en grande quantité et les revendre au prix fort. Sauf qu’il y a quand même des personnes qui se démènent pour maintenir leur savoir faire. Cela concerne surtout les vêtements (broderies) et l’ambre. Pour les vêtements artisanaux, il faut un nombre d’heures conséquent pour les concevoir. On le verra surtout à Zinacantan.

ça flotte !!

Le musée de l’ambre
Le musée principal étant fermé lundi, on s’est retrouvé dans une boutique qui propose un mini musée qui faisait tout à fait l’affaire. Il explique d’ou vient l’ambre : cette pierre est issue de la fossilisation de résines végétales.
On a pu voir comment différencier le vrai du faux ambre qui est vendu partout sur les marchés (les deux derniers sont les plus sûres et n’abîment pas la pierre) :

  • Chaleur
    La température au toucher n’est ni froide ni chaude comme le plastique alors que le verre est froid. Et quand il est brûlé, la pièce d’ambre dégage une odeur de résine de pin et commence à noircir. À l’inverse, une pièce en plastique dégage une odeur âcre, et fond.
  • Grattage
    Gratté avec un couteau ou une aiguille, l’ambre s’effrite. Avec une pièce en plastique, l’aiguille tend à rester coincée dans la pièce.
  • Flottaison
    Lorsque la pièce est plongée dans de l’eau salée, l’ambre flotte alors que le plastique et le verre vont couler.
  • Fluorescence
    Placé sous une lumière ultraviolette, l’ambre va devenir fluorescent avec une couleur bleue. Le plastique aussi réagit, le verre non. Pour distinguer le plastique de l’ambre, la pièce authentique va retenir la lumière quelques secondes.

Le musée du chocolat
Il est un tout petit et explique l’histoire du cacao, la place qu’il avait pour les mayas et pour le commerce jusqu’à aujourd’hui. Les mayas lui donnaient une telle importance qu’ils avaient un dieu consacré au cacao. Le cacao servait aussi de monnaie d’échange, par exemple contre une autre denrée alimentaire ou non. A l’heure actuelle, le cacao est présent de partout et paradoxalement, c’est dans les pays occidentaux qu’on en consomme le plus et où il est le meilleur selon Johann… Nous avons quand même fini notre visite par une dégustation et un chocolat chaud à 86%.

Faire un cours de cuisine

Avant de partir de cette région, on voulait une expérience culinaire pour se rappeler ce qu’on a aimé dans ce pays. On a donc testé ça avec Sophia, la créatrice du bar « La Espirituosa ».
C’était pas vraiment un cours, mais plutôt une expérience comme elle dit, comme si on faisait une soirée chez une copine tout en cuisinant ensembles. On a commencé par goûter un nopal « cactus » grillé avec du fromage, c’est un peu baveux mais très bon. Ensuite, on a fait une sauce piquante (les ingrédients de la poêle), un guacamole, puis la poêlée de légumes pour les tacos ! Tout ça été accompagné d’un jus d’ananas/menthe/gingembre, d’une eau de fleur de jamaica (fleur d’hibiscus) et de quelques alcools locaux en dégustation. Deux bonnes heures très ludiques.

Dans les environs

San juan de Chamula

Situé à 20 min de San Cristóbal, ce village est fortement ancré dans la culture Mayas. La principale attraction est son église, représentante parfaite du syncrétisme. La communauté Tzotzil l’utilise pour y pratiquer ses propres rituels du culte maya. Ici, deux doctrines opposées cohabitent : c’est ce qu’on appelle le syncrétisme. A la base, ce sont les Espagnols qui ont compris que le fait de convertir les mayas par la force ne fonctionnaient pas. Ils ont donc proposé que ces populations utilisent les édifices chrétiens tout en les rapprochant de leur doctrine.

Cette église est ouverte 24/24h. Elle est tenue par 42 majordomes qui se relaient en 3×8 du lundi au vendredi, le week-end ce sont des aidants bénévoles qui prennent le relais. Pour devenir majordome de l’église, il faut s’inscrire sur une liste auprès de l’administration. En réalité, il s’agit d’une liste d’attente pouvant aller jusqu’à 20-30 ans en fonction de la vierge ou du saint que la personne veut représenter. Un majordome est choisi pour une durée d’un an, c’est un honneur et un privilège qui a un prix : 120 000 pesos (5800€ environ), une somme exorbitante pour entretenir l’église, fournir le matériel aux pratiquants venant prier (bougie, épine de pin, rameaux…). Ils considèrent que les 20 ans d’attente est parfait pour pouvoir économiser cette somme. Cette pratique est vraiment paradoxale avec ce que nous avons dit plus haut : le Chiapas a la communauté la plus pauvre du pays…

La présence des majordomes s’explique par le fait que le prêtre n’est là que de 2 fois par semaine pour la messe. La messe se déroule en Espagnol mais également en Mayas, la plupart des personnes âgées ne parlant pas Espagnol. Pour la confession, elle se fait seul face à une statue d’une vierge qui détient un miroir : c’est une auto-confession. Ils estiment qu’on ne peut pas se mentir à soi dans la maison de dieu.

Quand on rentre dans cette église, elle ne ressemble pas à ce que l’on peut s’attendre d’une église « classique ». Le sol est jonché d’épines de pin sur l’axe central, il n’y a pas de bancs et des tables sont placées devant les murs couverts de saints avec des centaines de bougies. Les épines sont changées tous les lundis, mercredis et samedis, et elles servent d’assise ou de tapis pour prier.

En effet, pour la prière, la personne ou plus souvent la famille s’agenouille devant des bougies collées directement au sol. La couleur des bougies utilisées a une signification précises. Ils font des offrandes à Dieu, selon les recommandations du chaman. Les offrandes sont à la hauteur de la demande. Par exemple, cela peut être de la coriandre avec des œufs pour une petite demande à un poulet à sacrifier si quelqu’un dans l’entourage est gravement malade. Chacun se fait sa place au milieu de cette fourmilière.

Les majordomes sont très attentifs à ce que les visiteurs respectent bien les règles. Par exemple, il est interdit de prendre des photos à l’intérieur de l’église. Auparavant, les croyants considéraient que les photos prenaient une partie de leur âme, aujourd’hui cette tradition est perpétuée mais plus par respect des pratiquants dans l’église.

Un peu plus loin dans la ville se trouve l’ancienne cathédrale en ruine devant le cimetière actuel avec des croix noires pour les personnes âgées, des croix grises pour les adultes et des croix blanches pour les enfants. Étrangement et malheureusement, ce cimetière a des allures de décharges publiques…

Zinacantán

Village réputé pour son textile et ses productions de roses. Nous avons parcouru ce village, assisté à une fête religieuse où les hommes étaient dans un état comparables à des mecs en boîte de nuit a 4h30 du matin (mais ils dansaient bien).
Dès que l’on sort du bus ou taxi, il y a un enfant qui nous a acosté pour nous faire visiter un atelier. Mais à quelques rues de la place principale, quelques femmes sont en train de tisser ou broder des châles, des robes… Un détour bénéfique et qui permet de se rendre compte de l’ampleur du travail. Du tissage à la fin de la broderie, il faudra 2,5 mois à cette femme pour terminer ce centre de table (dernière photo).

Ici nous pouvons trouver des vêtements faits entièrement sur place. Nous nous sommes laissés tenter par une robe brodée pour ma filleule (Johann), conçue par une femme qui, contrairement à certaines, ne nous a pas « agressé » pour nous vendre ses produits. Elle nous a expliqué le temps passé à broder qui peut aller de 2 semaines pour un t-shirt à 2 mois et demi pour une descente de table.

Avant de rentrer sur San Cristobal, nous avons croisé une petite de 10-12 ans entourée de 4 autres enfants plus jeunes, qui vendait des mangues et épis de maïs prêts à manger. Nous lui avons demandé si elle allait à l’école et sans grande surprise malheureusement, elle nous a dit que non…

Transports : Depuis San Cristobal pour Chamula, il faut se rendre au colectivo (calle honduras) pour 18 pesos.
Pour rejoindre Zinacantan depuis ce village, il faut prendre un taxi (80 pesos), il n’y a pas de bus sauf en revenant à San Cristobal. Pour le retour depuis Zinacantan, soit on peut prendre le colectivo à 20 pesos ou le taxi colectif à 24 pesos.

Les cascades  »El Chiflón »

On s’est ébahis devant ces cascades à l’eau limpide et bleu turquoise ! On marche le long du fleuve, sur un peu plus d’un km, pour atteindre les cascades de plus en plus hautes jusqu’à atteindre  »Velo de Novia », qui chute de 120m.⁣ Cette cascade est vraiment impressionnante, mais rien à voir avec les célèbres chutes d’Uguazu.
Si on avait su, on serait partis plus tôt pour profiter toute la journée et se baigner dans les endroits aménagés. ⁣

Il y a deux entrées donc deux parcours mais qui longent tous les deux la rivière. C’est juste qu’ils proposent des points de vues différents. ⁣Il est préférable d’y aller un jour où il y a beaucoup de soleil pour pouvoir voir ce bleu d’un turquoise incroyable !

Transports : Pour y aller depuis San Cristóbal, on a pris un colectivo au  »omnibus terminal », en face de celui d’ADO, pour aller jusqu’à Comitan (60 pesos). De là, il faut prendre un autre colectivo vers Tuxla en demandant à s’arrêter à El Chiflón (35 pesos). Durée du trajet aller-retour : 5h (oui nous sommes fans de routes, mais surtout de beaux paysages).


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