Medellin et Guatapé

Du 30 décembre 2019 au 2 janvier 2020

On poursuit notre visite de la Colombie avec un autre village coloré, le plus coloré même. Puis on s’en va fêter le réveillon du nouvel an à Medellín.

Guatapé – le village le plus coloré de Colombie

Connue pour ses rues colorées, mais surtout ses zocalos : ces carrés décoratifs qui représentent les métiers ou les passions des propriétaires. Au départ, ils auraient été créés pour fortifier le bas des maisons à cause de la forte humidité de la région. Un taxi nous a dit qu’une raison de l’expansion des zocalos a été faite pour rendre populaire le village, et ainsi éviter qu’il soit englouti par un barrage. Si c’est le cas, le tour est bien joué car aujourd’hui, Guatapé est une étape incontournable aux alentours de Medellin.


Mais c’est aussi sans compter la Piedra del Peñol, à quelques km : une Roche de plus de 200m de hauteur, avec 745 marches ! Ça pique les mollets mais la vue est splendide depuis là haut.

Concernant les spécialités culinaires, on a goûté la truite, pêchée dans les lacs alentours. Dans chaque rue, on peut trouver des roulés à la cannelle fait maison avec des toppings au choix, on a choisi amandes et c’est toujours accompagné d’un coulis de dulce de leche ! Humm. Le seul regret de Johann c’est de ne pas être resté assez longtemps pour goûter les « fresas con crema » : des fraises avec de la crème, du lait concentré, bref un dessert plein de sucre !
On a adoré ces 48h dans le village le plus coloré de Colombie

Medellin – ancienne ville la plus dangereuse…

Le nouvel an

Première mission de la soirée : aller faire des courses. On avait repéré une boutique de fromage, à quelques rues de notre hôtel, malheureusement pour nous, ils ont fermé début décembre…Imaginiez notre tête déconfite quand on a compris qu’on n’aurait pas de fromage français ce soir ! On a trouvé une alternative, un surpermarché qui propose un large gamme de produits internationaux et du coup on a un peu craqué : une bûche de chèvre frais, un brie, de la confiture « Bonne Maman », de la pâte à tartiner, des cornichons (une denrée rare ici, ils sont tous à l’aigre douce), des olives, de quoi faire des pancakes et du raisin… On a bien profité de tout ça, il n’en est pas resté une miette.
On a passé le repas en tête à tête, avant de profiter de la soirée de l’hôtel.

La Comuna 13

Une visite que l’on attendait et aussi l’unique que l’on ait faite à Medellin. La Comuna 13 était considérée comme le quartier le plus dangereux jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Quelques points historiques que nous avons obtenu lors du free walking tour (zippytour13, que nous recommandons).

Dans les années 60, les gens des campagnes sont venus dans la ville pour que leurs enfants aient une meilleure éducation et que les parents aient plus de chance de travailler. Ils ont commencé à construire des maison sur la montagne et à force, c’est devenu un quartier illégal car construit sur les terres des fincas (exploitations) sans papiers. Dans les années 80, le gouvernement s’en est mêlé et a légalisé le quartier car plus de 1200 familles y vivaient déjà. Sauf que l’état n’a proposé aucune indemnisation pour les chefs d’exploitations qui ont du vendre pour une bouchée de pain.

Avec l’affluence des violences dues au narco trafic, un groupe illégal s’est créé au sein de la Comuna 13 pour que les jeunes ne consomment pas de drogue dans le quartier. Soit ils arrêtaient la drogue soit ils partaient vivre ailleurs. Ils avaient compris que la violence ne résolvait pas tout et faisaient beaucoup de projet éducatifs, notamment par le sport. Dans les années 90, ils changent de mentalité en se rendant compte que la drogue est une source de pouvoir et d’argent. Ils commencent alors à recruter des jeunes, qu’ils obligent à transporter des armes ou de la drogue et à contrôler la quartier. De là, ont commencé les frontières invisibles avec d’autres groupes illégaux (un escalier, une ligne au sol…).

Le 21 mai 2002, l’état lance une opération dont le but est d’annihiler la violence dans ce quartier. Sauf que l’intervention est armée et fait des victimes à causes de balles perdues. Au bout de quelques heures, des personnes se mettent à protester aux fenêtres en demandant « no mas violencia » (plus de violences). Le 16 octobre, c’est l’opération Orio qui durera 3 jours. Un groupe illégal s’est allié aux militaires pour traquer les trafiquants. Plus de 2000 personnes sont portées disparues mais cela annonce un changement positif pour le quartier. Une trêve pour les habitants jusqu’en 2006.

En 2006, un nouveau groupe de paramilitaires se crée pour aider le gouvernement. Beaucoup de personnes en dénoncent d’autres (parfois fausses) et sont assassinées et reportées comme criminels à l’état, on les appelle les ‘faux-positifs’. A la fin de l’année, le groupe est démantelé et le climat s’apaise. Il est alors plus facile pour les jeunes de trouver du travail. Jusque là, lorsqu’ils disaient qu’ils venaient de la comuna 13, c’était régulièrement rédhibitoire pour les employeurs.

2007 à 2010 fut sans violence avec l’émergence de projets sociaux. Mais en 2010, un nouveau groupe illégal émerge avec des anciens para militaires, autour du trafic de drogue.

En 2012, enfin un climat de paix va s’instaurer après un pacte signé entre groupes illégaux qui va apaiser les tensions. C’est surtout le projet de la ville autour des escaliers électroniques (escalator) qui a révolutionner la vie du quartier. Ils permettent de relier le bas du haut de la montagne (colline sur laquelle se situe la Comuna 13). A partir de cette date, le quartier a pu accueillir du public et des visiteurs. Surtout le barrio La Esperanza où la plupart du street art est concentré. Les peintures murales racontent une histoire, ont une signification, contrairement aux graffs. C’est une fierté pour eux que de montrer les changements de leur quartier mais aussi tous les projets sociaux qu’il comporte (danse, langue, art, sports…).

Voilà de brèves explications autour de la Comuna 13, qui nous ont montré un quartier à voir dans Medellin et raconté par des jeunes passionnés et passionnants.

Notre prochaine destination, on entre dans la « zona cafetera », une zone privilégiée pour la plantation de café. On fera un premier stop à Jardin, puis un autre à Salento.

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Une réflexion sur “Medellin et Guatapé

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