Lac Titicaca – Pérou

Amérique latine, Pérou, Voyage

Du 2 novembre au 6 novembre 2019

Puno

Comme toutes les villes frontalières, elle n’a pas vraiment d’intérêt et nous paraît plus sale que le côté bolivien. Mais notre petite aventure là-bas mérite d’être écrite.

Au moment de prendre le mini-bus pour rejoindre Juana, le chauffeur nous dit que le dernier combi vient de partir et qu’il va falloir payer 45 soles au lieu de 10 soles car nous ne sommes que deux (ce serait donc comme un taxi). Au final, nous refusons l’offre si généreuse pour se mettre à la quête d’un hôtel, en attendant les départs du lendemain. Nous sommes sur le trottoir en train de voir où se trouvent les hôtels quand soudain, un tuc-tuc s’arrête à notre niveau. C’est un mec qui nous dit spontanément qu’il fait du couchsurfing et que si on veut, il a une chambre de dispo ! (Proposition improbable). Nous acceptons l’offre, non sans méfiance pour moi.

Mais finalement, tout s’est bien passé, nous avons parlé de tout et de rien puis il nous a invité à manger dehors et nous a même fait le petit déjeuner le lendemain avant de nous accompagner jusqu’au lac.

Et aussi c’est notre premier trajet en tuk tuk !!! Des motos-taxis qui sont beaucoup plus économiques que les voitures.

Petit trajet d’environ 20 minutes, avec une panne du moteur entre-temps, pour arriver sur les îles flottantes de Uros. Au nombre de 95, ces îles abritent environ 5 à 6 familles par île soit approximativement 2500 personnes. Chaque île à son nom. Chaque île a une base solide formée d’1m50 de roseaux entremêlés les uns aux autres et plantés au sol constitué d’un mètre de racines. Tous les 15 jours, ils vont chercher des roseaux pour refaire le plancher !
Pour ne pas retrouver les îles n’importe où dans le lac, ou pire, du côté Bolivien, chaque île est attachée par environ 12 cordes qui sont plantées au fond lac soit 20 m de profondeur.

Nous accostons sur l’île de Pachamama, où on nous explique tout ce que je viens de vous expliquer et quelques petites choses encore. En journée, il n’y a presque aucun homme car ils partent chaque jour à la pêche.
Quand on regarde le lac à l’envers sur une carte, on voit un lapin pour le côté Bolivien et un puma pour le côté Péruvien (pour l’instant on n’a pas encore distinguer le culcul de la têtête). Pour se rendre à l’école, à la pêche, à la chasse, à la cueillette de roseaux, ce sont des barques qui sont de véritables lieux de rencontre. Ici pas de discothèque ni de bar ! Pour faire la cuisine, ils font un feu sur un pierre plate ou sur des roseaux trempés pour éviter que tout parte en fumée.

Ce petit passage sur le lac nous a bien plu même s’il manque un peu d’authenticité dû au tourisme.

Une parenthèse fort fort lointaine des touristes en Famille Quechua

Avant toute chose, comme pour le lac Titicaca, toutes les blagues par rapport à Décathlon et autres ont déjà été faites.

Jour 1

Nous arrivons dans l’après-midi sans encombre mais on voit bien qu’on est les seuls touristes à bord du combi ! Nous sommes blancs, avec 2 énormes sacs et eux, plus typés avec l’habit traditionnel pour les femmes.

Nous sommes accueillis dans un premier temps par Juana puis par son mari Victor, son fils Manuel, sa fille Brenda et leur grand-mère. Elle nous montre sa maison avec une cour centrale et plusieurs portes menant à des chambres, dont la notre qui est superbe. Pour le moment, ils n’ont que deux chambres disponibles; deux autres sont en construction. Ils souhaitent ne pas faire plus de 4 chambres pour pouvoir garder une certaine proximité avec les voyageurs qu’ils reçoivent.

Peu de temps après, nous sommes invités à jouer au foot dans le sable au bord de la plage à 3800m d’altitude. Résultat: Poumons 1 – Johann 0 ! Je suis littéralement décédé ! Pauline s’en est bien tiré, elle était au goal ! Nous avons ensuite parlé avec eux tout en préparant le repas ! Chose inédite, j’ai aidé à faire à manger et apparemment c’est la première fois qu’un homme fait ça chez eux. Bien sûr, je leur ai demandé si ça ne les dérangeais pas d’aider avant de le faire.

Nous apprenons plusieurs choses sur la vie, les coutumes locales etc. Déjà, Juana et Victor font figures d’exception car Juana est Quechua, peuple considéré comme sage et Victor est Aymara, peuple considéré comme guerrier. Ces 2 cultures interdisent une union entre les deux peuples sous peine de perdre leurs terres et d’être expulsé du village. Néanmoins, le brassage ethnique est toléré parce que les personnes peuvent se rencontrer dans une ville. Par contre, dans les villages on ne verra jamais un Aymara séduire une Quechua ou inversement.

Voici quelques exemples :

  • La vie ici se fait et tourne autour de la famille entière (la mère, la sœur, la cousine etc.), ils ne s’imaginent pas la vie autrement.
  • De ce qu’on voit ici, les femmes s’attellent aux tâches domestiques mais également au travail dans les champs. Les hommes aident au champs et/ou vont travailler en ville de temps en temps et sont souvent pécheurs.
  • Les habits portés par les femmes sont des habits traditionnels constitués d’un haut à manches longues en laine, d’une ceinture abdominale pour orner mais surtout soulager le dos pendant le travail, d’une jupe longue, avec beaucoup de couches, qui descend sous le genou et pour finir un chapeau avec 4 coins vers le haut avec des motifs tissés qui symbolisent l’histoire et l’identité de la personne qui le porte. Ce chapeau est uniquement pour les femmes mariées. Les jeunes filles portent un bonnet ou autre chapeau, jusqu’à leur mariage.
  • Pour la fabrication des maisons à l’ancienne, les briques appelés Adobe sont un mélange de terre, de paille et d’eau mais ils doivent payer une taxe à cause de l’eau utilisée.
  • Le lac Titicaca, reçoit le pipi et caca de plusieurs villes qui le bordent et sans filtration ! Ne buvez pas la tasse !
  • L’origine sur le nom du lac Titicaca viendrait de Titi qui signifie Tigre en Quechua, en hommage au tigre vivant en altitude auparavant, et Caca qui signifie roches, qui sont présentes au bord du lac et qui ont la même couleur que le tigre.
  • Les enfants de 2 ans se voient coupés leurs cheveux pour la première fois de leur vie afin d’en donner une partie à son parrain et sa marraine. Ces derniers sont choisis dans l’environnement familial et amical.
  • Le pain est une sorte de pâte composée d’œuf, d’eau et de farine. Des galettes sont formées pour être frites à la poêle. Ça ressemble à un beignet plat non sucré. Et c’est tellement bon !!
  • L’accès à l’éducation n’est pas une chose facile car en fonction des écoles, les profs peuvent être de vrais incompétents, absents voire faire cours en étant bourrés. C’est pour cela que les enfants de Juana et Victor vont à l’école en ville.
  • L’accès à la santé est assez compliqué. Ici, il existe des chamans qui vont soigner et guérir grâce aux plantes et incantations. Ensuite, si le mal ou douleur est toujours là, ils vont voir le médecin. Par contre, l’assurance maladie (leur seguro) n’est pas vraiment efficace contre les maladies qui vont au delà d’un rhume, car cela devient trop cher. Pour se soigner à moindre coût, certains vont à la frontière Bolivienne car la Bolivie à des contrats avec des médecins cubains par exemple qui proposent une médecine de qualité.
  • Il existe au Pérou environ 1500 variétés de patates !! De quoi en manger à tous les repas ! Il y en a certaines qui poussent que dans les hauteurs genre 3500-4000m d’altitude. Ils la cultivent, la déshydratent grâce aux gelées et en tassant la terre gelée puis la récolte une dernière fois. De cette manière, elle sera sèche et est appelée « chuño ». Ils peuvent la conserver naturellement pendant des années sans pourrir et lorsqu’ils ont besoin de la préparer, ils la réhydratent avant dans de l’eau.
  • Il n’y a pas de fruits cultivés ici à cause de l’altitude et du froid. Les ‘ »légumes » cultivés ici sont le quinoa, les fèves, les patates, les petits pois, les carottes et quelques toutes petites tomates.
  • Le réchauffement climatique est vraiment important ici car en 2004, la température maximale était de 15 degrés alors que maintenant c’est 25 degrés. Les pluies sont également moins fréquentes.

Jour 2

Petit déjeuner copieux vers 7h avec le pain local, fromage (sorte de fêta), confiture, margarine et café/thé. Nous partons faire une petite rando pour aller au point culminant du village de Llachon à 4150m d’altitude. Nous avons profité d’une vue magnifique sur le lac et sur les îles alentours: Amantani et Taquile.

L’après-midi nous faisons un travail agricole en triant les fèves récoltées et séchées. Ensuite, nous avons labouré une parcelle de terrain qui servira pour les pommes de terre. C’est un travail physique car il n’y a aucune aide mécanique ici, seulement la force du corps et une pioche. Le dos en prend un coup. La parcelle labourée a été laissé en friche pendant 20 ans afin que la terre puisse donner des beaux légumes. Et elles font naturellement la rotation des cultures, c’est à dire que chaque année pendant les 6 prochaines années, il y aura une culture différente sur cette parcelle, avant la laisser en friche pendant 1 an minimum. La terre aura donc le temps de respirer et de régénérer les nutriments nécessaire pour les plantations suivantes. Ils commencent toujours par les patates et finissent par la quinoa.
Durant ce travail, nous avons croisé une grenouille aujourd’hui sur le terrain qui est signe de pluie, le soir même ça n’a pas manqué !

Le soir nous avons aidé à cuisiner et nous avons goûté les fameuses pâtes frites, une spécialité du Pérou. C’est tout simple à faire, il faut bien faire dorer les pâtes à la poêle avant de les plonger dans l’eau et voilà, c’est prêt !

Jour 3

Petit déjeuner local à base de soupe de légumes et de patates avec du pain maison ! Très bon !

Programme de la journée: visite de l’île d’Amantani sur le lac ! Juana nous accompagne jusqu’au port. Il nous faut prendre 2 minibus avant d’y être. Heureusement qu’elle nous accompagne, ça évite de se faire trop arnaquer. Maintenant qu’on est sur le bateau, c’est parti pour Amantani !

On a pris l’habitude d’écouter le prix qui est fait au locaux, ou de leur demander directement. Souvent, la plupart des personnes que l’on doit payer augmente les prix du fait que nous soyons touristes…

Après une heure de bateau, nous arrivons enfin. Comme à l’accoutumée, nous prenons des chemins qui ne sont pas touristiques du tout (et surtout au pif). Nous passons le long des champs où travaillent les locaux. Nous montons des pentes raides jusqu’à la colline de Pachatata à 300 m de dénivelé du départ et à 4150m d’altitude. Autant vous dire qu’on a sué, mais la vue est magnifique ! Nous redescendons ensuite pour rejoindre un bateau et retourner chez Juana ! On a eu de la chance, il a fait beau et il n’y avait pas de touristes, à part nous bien sûr !

Jour 4

Réveil à 5h45 pour apprendre à préparer le pain local. Il est vraiment bon, à mi chemin entre pain et beignet. La mère de Juana, m’apprend comment faire et j’ai hâte de pouvoir tester seul car ce n’est pas difficile et pas long du tout !

Nous sommes ensuite partis avec Juana au marché qui se tient tous les mercredis avec environ 4 vendeurs sur la place de l’église et de la mairie. Après les achats, Juana nous fait grimper au mirador de la ville, avec une vue imprenable sur le lac et Llachon. Elle nous explique que depuis plus de 30 ans, elle et sa communauté replantent une centaine d’arbres par an. A ce jour, nous pouvons admirer une petite forêt. Mais auparavant, sur 100 arbres plantés, environ 80 poussaient contre 20 aujourd’hui. Ensuite, nous redescendons pour marcher le long de la plage où se trouvent des animaux et des cultures.

Une fois rentré à la maison, nous admirons le travail de sa tante qui fait des couvertures sur un métier à tisser fixé par terre. Tout est fait ici, de la laine qui provient de ses moutons et à partir de laquelle elle fabrique le fil au matériel pour fabriquer les vêtements et couvertures.
Pour faire une couverture, il lui faut une semaine entière en travaillant du matin au soir. Le moins fatiguant étant de faire quelques heures par ci et par là. C’est un travail répétitif et de précision qu’elle fait depuis l’âge de 10 ans. Pour tout ce travail, elle vendra sa couverture 100 dollars car elle n’a pas de décorations, et elle est pour un lit simple. Mais dès qu’il a un travail de dessin dessus, les prix montent vite vers 400$. Dans la communauté, toutes les filles/femmes savent tisser à partir de 8 ans, les hommes aussi.

Après notre dernier repas, Juana nous a fait essayer la tenue traditionnelle Quechua ! Nous portons les costumes de personnes célibataires car nous ne sommes pas mariés et nous n’avons pas d’enfant. Pour les célibataires femmes de cette communauté, la jupe sera jaune et pour les hommes le poncho sera rose. Pour les femmes mariées la jupe sera rouge/rose et pour les hommes le poncho sera gris ou café.

Nous terminons notre séjour autour du lac Titicaca sur cette essayage et sur cette famille atypique Quechua, chez qui nous avons passés de très bons moments de partages et d’échanges sur nos 2 cultures respectives. Ce fut vraiment enrichissant.

Johann

Sûrement que dans le voyage, le plus impressionnant sont les rencontres. On en a fait déjà beaucoup depuis le début, mais cette famille fut un réel coup de cœur. Une famille dont la culture est assez éloignée de la notre mais ces quelques jours partagés nous montrent que l’échange interculturel ne peut être que source d’apprentissage. On a beaucoup appris sur leur culture, mais nous avons aussi pu partager la notre. Juana était très curieuse et ça a été un plaisir d’expliquer notre mode de vie, nos relations familiales, notre possibilité de voyager aussi « facilement ». Un échange qui se poursuit, car elle nous a demandé de lui envoyer des photos de notre tour du monde, elle qui n’est jamais sortie de sa presqu’île.

Pauline

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